L'auteur des propos doit avoir l'intention de menacer : de causer la mort ou des lésions corporelles à quelqu'un ; de brûler, détruire ou endommager des biens ; ou de tuer, empoisonner ou blesser un animal appartenant à autrui. L'expression « lésion corporelle » comprend aussi la blessure psychologique grave ou importante : menacer une personne d'agression sexuelle peut donc constituer une menace au sens du Code criminel.
Il n'est pas nécessaire que les propos s'adressent à une personne en particulier : il suffit que la menace soit dirigée contre un groupe déterminé. Vous pourriez aussi être accusé sans avoir communiqué directement avec le plaignant, puisqu'une menace peut être proférée « par quelque moyen que ce soit », y compris par l'entremise d'un tiers. La poursuite n'a pas non plus à démontrer que vous vouliez transmettre la menace : le plaignant pourrait ne jamais l'avoir reçue et tout de même porter plainte.
Il n'est pas nécessaire de prouver que vous aviez l'intention de mettre vos menaces à exécution : il suffit que les propos aient visé à intimider ou à être pris au sérieux. La poursuite n'a pas non plus à démontrer que la personne visée s'est réellement sentie intimidée. Une condamnation pour menace de mort ou de lésions corporelles est passible d'un emprisonnement maximal de cinq ans ; la peine maximale est de deux ans pour une menace visant des biens ou un animal.